» » » « J’abandonne aux chiens l’exploit de nous juger » Une claque à l’heure du déjeuner !

« J’abandonne aux chiens l’exploit de nous juger » Une claque à l’heure du déjeuner !

« J’avais primitivement l’intention » de vous parler de mes amours dilettantes pour Charles Baudelaire mais mes ambitions sont éteintes, stoppées net, faute à la rentrée Littéraire.
J’ai hier vagabondé dans les rayons d’un géant distributeur en masse de culture publique et mis la main sur quelques volumes. Ma librairie préférée me pardonne, il était déjà tard. Je m’apprêtai à tourner les talons, ma sélection en poche, quand suivant les conseils de la serviable vendeuse, tout de rouge vêtue, j’ai rajouté un exemplaire à ma pile et filai droit vers la caisse.
Ce n’est qu’aujourd’hui à l’heure du déjeuner que je me suis saisie de la liasse et observai plus en avant mes acquisitions. « La solitude des nombres premiers » de Paolo GIORDANO (parce que j’ai lu une critique alléchante sur l’ouvrage); « Le fait du prince » d’Amélie NOTOMB (j’adore la plume acerbe de l’auteur) ; et le petit dernier atterri un peu là par hasard « J’abandonne aux chiens l’exploit de nous juger » de Paul M. MARCHAND.

Mes ouvrages sélectionnés sont tous alléchants, certes pas des crus de la rentrée Lit’ 2010 mais qu’importe. Bref, je prends en main chaque volume, dont le très attirant « GIORDANO » soupèse l’objet, observe couverture, citation et dédicace, lis trois lignes et passe au suivant ainsi jusqu’au dernier sauf que là c’est une gifle ! Un coup en pleine éthique ! Je ne dirai pas « éthique puritaine » je ne suis pas une puritaine, mais bien un reversement de l’ordre, de la conception éthique. L’anti-dogmatisme absolu me faisant penser qu’après tout qu’est-ce que l’éthique ? A-t-on vraiment le droit de condamner sans écouter jusqu’au bout, ici, sans lire jusqu’au dernier point ?
Je suis confuse, dès les premières lignes le sang aux joues, parce que c’est cru et que certains mots au milieu de toute cette sincérité mise à nue me troublent. J’ai mal compris ou mon esprit tire des conclusions trop hâtives. Mais le doute se renforce jusqu’à ce que je regarde à nouveau le titre : « J’abandonne aux chiens l’exploit de nous juger ». Non, j’ai bien lu, je ne suis pas encore aveugle et c’est un titre remarquablement saillant pour une œuvre défrayant la chronique.
Les premières pages sont sans équivoque. L’auteur n’y va pas par quatre chemins, le ton est donné. Il bouleverse tout en nous défiant de parvenir à juger. Approuverait-on ? Notre morale nous le défend. « Le huitième péché capital comme pourrait le nommer les bien-pensants. » J’étais tentée de refermer la chose et de la reléguer dans un coin obscur de mon étagère.
Mais vous l’aurez compris, j’ai fait le choix de lire jusqu’au bout, je n’ai pas refermé l’ouvrage brûlant.
Les premières pages effeuillées l’écriture est sublime, irréprochable justesse des mots, fluidité sincère. Les sonorités se répondent, les images se lient, s’enchaînent et les émotions se déchaînent.
Extrait choisi :
« [… je dénichais mes origines. Elles étaient belles. Deux routes, une halte, un croisement enseveli, puis à nouveau deux routes, avaient fait de moi une errante. Deux itinéraires distincts ne pouvaient pas se convertir en chemin de halage pour une clandestine. J’étais donc une production égarée… »
Sans commentaire.
Ce livre ne se lit pas il s’avale cependant attention à la digestion.

Des nouvelles, dès ma lecture achevée

3 commentaires

  1. kuri
    | Répondre

    J’ai oublié des ptits trucs en anglais à droite à gauche, je vois, on va faire ça progressivement 😀
    Moi je galère à rendre mon blog bilingue là!!! c’est pas une mince affaire!!!

    Tu me donnes envie de le lire, ce bouquin.

    • Solenne
      Solenne
      |

      Kuri> Merci encore pour ton aide! et bon courage pour ton blog. smiley

  2. matou
    | Répondre

    Les français doivent être des chiens car ils consacrent une bonne partie de leur salive au jugement de leurs semblables. Oui, je suis un chien, moi aussi j’ai une grande gueule.